La structure de la machine repose sur un tambour de machine à laver récupéré, élément central du dispositif. Ce tambour est suspendu dans les airs grâce à une base de support spécialement conçue, assurant à la fois stabilité et mise en valeur visuelle. La structure porteuse, inspirée des principes de l’ingénierie mécanique, doit répondre à des contraintes de résistance, d’équilibre et de sécurité, tout en conservant une esthétique brute et lisible.
Le mouvement du tambour est généré manuellement à l’aide d’un système de manivelle relié à une corde. Ce mécanisme simple, presque archaïque, contraste avec l’automatisation des machines modernes et réintroduit le geste humain dans le processus. L’utilisateur devient acteur de la transformation : en actionnant la manivelle, il met en rotation le tambour, provoquant des chocs, des frottements et des déchirures sur les textiles placés à l’intérieur.
D’un point de vue technique, le projet mobilise des notions fondamentales de mécanique : transmission de mouvement, conversion d’énergie (force humaine en rotation), gestion des contraintes dynamiques et choix des matériaux. Le système de corde et de manivelle doit être calibré pour offrir une résistance adaptée, permettant une rotation fluide tout en garantissant une intensité suffisante pour produire l’effet destructeur recherché.
Sur le plan artistique, cette machine devient une installation performative. Elle met en scène la destruction comme processus créatif, transformant les vêtements en traces, en fragments ou en matières altérées. Chaque utilisation produit un résultat unique, faisant de l’objet un outil de création autant qu’un dispositif critique.
Ainsi, ce projet se situe à la frontière entre sculpture cinétique, design expérimental et prototype mécanique. Il invite à réfléchir à la manière dont la technologie peut être détournée pour produire du sens, et comment l’ingénierie peut servir une démarche artistique engagée.